Lundi 27 octobre 2008
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18:40
En compagnie de nos compatriotes et fideles lecteurs de l'equipe "Voir le monde", nous prenons le bus
pour rejoindre la ville de Potosi. Pour une fois, le bus est en retard. Comme nous sommes tres prevenants, nous en profitons pour acheter quelques empanadas, histoire de
ne pas mourir de faim en cours de route. Une fois assis, le bus fait deux fois le tour de la ville a la recherche d´essence... Dommage, toutes les stations service
semblent etre a sec. Finalement, le bus continue sa route sans aucune apprehension pour le futur, que Dieu nous garde... La route est tortueuse, parsemee de cailloux et poussiereuse. Autour,
le ciel gris et les montagnes arides font tristes mines (c'est le cas de le dire car les mines sont legions dans la region... pouf, pouf). Au bout de trois heures, un jeune homme au visage dur et
renfrogne se leve brusquement vers le chauffeur en blasphemant. Celui-ci souhaite faire une halte pour manger. Evidemment, il n´a rien prevu et le bus ne traverse que peu de
villages. Assis sur les sieges juste a cote, nous nous delectons de nos empanadas et observons cet homme au look local... Laurent et Jerome se lancent alors dans des propos desagreables a
son egard et a voix haute s´il vous plait. Mais, en realite, il s'agit d'un touriste deguise en local. En effet, celui-ci ouvre un livre...en francais ! Well done les garcons
! Finalement, nous nous arretons dans un petit village paume au milieu de nulle part et le bus peut enfin etre ''desaltere''. Notre "bon gars" se rue sur la premiere boutique d´alimentation
( quoique que c´est le seul magasin du village) et rebelote la bonne humeur ! Il s´agace de payer trop cher un bout de pain et s´en prend au vieux papy... Il finira par manger dans le bus
une boite de thon ! Le temps passe et nous apercevons au loin, perchee a plus de 4000 m d´altitude, la ville de Potosi.
Autrefois tres prise des conquistadors, cet ancien Eldorado de l´argent livre au loin ses collines minieres et
desolees. Notre week-end a Potosi s´annonce charge... Au programme, nous decouvrons de beaux batiments coloniaux a la fois delabres et colores. Nous visitons un magnifique couvent de carmelites "
Santa Teresa" et non sans nous deplaire nous sommes accompagnes d´une excellente guide. Laurent est fier de nous dire egalement qu´il existe un couvent de carmelites a
Villefranche-de-Rouergue, sa ville natale. Par contre, la vie de ces filles au 17eme siecle n´etait vraiment pas drole... en effet, les cadettes de 15 ans etaient envoyees au couvent...
Elles ne reverront jamais physiquement leurs parents. Moi, j´ai failli ne plus revoir Laurent, et ma famille, et mes amis car il m´a volontairement enferme dans le couvent ! Dans
l'apres-midi, nous visitons la Casa Nacional de la Moneda en compagnie d'un groupe de jeunes etudiants boliviens. C´est un immense et elegant batiment ou sont exposes des anciennes
monnaies, des machines pour transformer l´argent en pieces...
Dans certains quartiers, le passee florissant de Potosi a laisse place a une population qui actuellement semble assez demunie et vit dans des conditions
precaires...
La mine et les mineurs ont vraiment du soucis a se faire. D´ailleurs, nous souhaitons faire un petit
voyage au centre de la terre avec Sabrina, Jerome ainsi que Jean-Baptiste, un autre francais afin de voir les conditions de travail des mineurs. Nous prenons le tour avec "Greengo
Tours" car le proprietaire nous plait enormement. Il se nomme Julio. C´est un ancien mineur plutot rustre, macho, et qui n´a pas peur des mots... Ainsi, vers 9h00, nous
prenons le bus local pour arriver a l´entree des mines. Julio nous amene dans une petite cabane ou nous enfilons la panoplie du parfait mineur : ensemble pantalon-manteau impermeable,
bottes, casque, lampe.
Une fois prets, nous partons acheter des cadeaux pour les mineurs : feuilles de coca, batons de
dynamite, boissons sucrees, gants... Avant toute chose, notre Julio se lance dans de longs discours ne laissant pas la parole aux touristes que nous sommes... "car le
touriste n´y connait rien", ce qui commence a agacer quelques personnes... n´est-ce pas Laurent ? Par la suite, Julio nous presente ses anciens compagnons de travail. Apparemment, c´est
un du de recevoir des cadeaux de la part des touristes car aucun ne vous regarde et ne vous remercie. Meme un grand sourire aurait ete le bienvenu... Bref, passons aux
choses serieuses... Maintenant, l´heure n'est plus a la parole, ni a la rigolade, n´est-ce pas mesdemoiselles ? Ca y est, nous sommes engloutis dans le trefonds de la terre... Pour le
moment, il fait froid et humide. Nos jambes sont toujours systematiquement pliees et nous sommes parfois a bout de souffle. Heureusement, il n´y a pas trop de poussiere car le sol est inonde
d´eau. Au cours de notre avancee, nous croisons deux mineurs a qui nous donnons quelques feuilles de coca, des gants et des boissons... Ils travaillent a l´aide de leurs mains et d´une
pioche, et trouvent quelques pierres contenant un peu d´argent qu´ils nous offrent spontanement.
Puis, nous descendons a nouveau sur de vieux escaliers en bois... Il fait de plus en plus chaud. Nous
rencontrons alors El tio, enrubanne de serpentins colores, fumant des cigarettes, entourees de bouteilles d´alcool a 96° et ayant le penis en erection, le coquin. Comme nous l´explique
Julio, le travail des mineurs est un boulot d´hommes et pas de femmes. Avant, les touristes femmes n´etaient pas autorisees a entrer dans les mines... Par la suite, dans une des
galeries, nous rencontrons un mineur qui prepare ses batons de dynamite sous nos yeux. Nous entendrons au bout de vingt minutes un bruit tres sourd presque inaudible. Et c´est
reparti, Julio se lance dans de beaux et longs discours... Mais, il a tout de meme raison sur certains points. Il nous explique que certaines agences n'hesitent pas a faire exploser de la
dynamique, juste pour le plaisir des touristes. Cela abime les carrieres et peut rendre dangereux le travail des mineurs. Au total, nous avons croises peu de mineurs aujourd´hui... nous
nous attendions a en voir plus. Les jours les plus favorables semblent etre les mardi, mercredi, jeudi et vendredi. En debut d´apres-midi, nous remontons, sales, mais heureux de revoir
la lumiere et de respirer l'air de la montagne. Les mineurs se trouvent a la sortie. Aujourd'hui, certains ne sont pas descendus. Ils sont la, machent des feuilles de coca et
boivent de l'alcool a 96°. Ils nous accueillent et nous offrent un verre de leur breuvage... heureusement, l'alcool est coupe avec de l'eau ! Ensuite, plus saouls les uns que les
autres, ils insistent pour prendre des photos avec nous et plus particulierement avec les femmes...
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